18 octobre 2009

L'Histoire de la Villa des Hauts de Belleville

florilègejpg.jpgchaque semaine, dans la grande tradition des journaux du XIXème siècle, un épisode de la passionnante histoire de notre immeuble.

Le suspens ne sera pas toujours au rendez-vous, mais qui sait, peut-être serez vous "accroché" et voudrez en savoir plus !


Septième épisode : La recherche d’un nouveau logement

Dans les années 1950

 


Là-bas vous vous porterez mieux,

vous aurez du bon air

 

- Le logement était la grande préoccupation de l’époque, tout le monde cherchait un logement.

- Mon mari qui s’était toujours occupé d’associations connaissait beaucoup de gens. Il se livrait à des quantités de recherches et courait Paris pour trouver un logement. C’est par l’intermédiaire du Père Thouvenin que cette proposition nous a été faite. Il m’avait dit gentiment : « Là-bas vous vous porterez bien mieux, vous aurez du bon air. »

- Une commerçante m’a annoncé qu’un immeuble allait se construire sur un terrain donné par les Jésuites, elle m’a conseillé d’aller au foyer Olivain pour m’inscrire. Ils sont venus voir notre logement.

- C’est ma grand-mère qui a incité mes parents à acheter. Mes parents disaient « Non ça coûte cher. » Le Père Thouvenin leur répondait « Vous faites une erreur, c’est un achat coopératif et vous aurez un prêt sur plus de 20 ans. » Mes parents s’en fichaient de n’avoir ni salle de bains, ni toilettes.


Dans les années 1980


- La première nourrice de mon fils habitait rue du Borrego, elle m’avait dit : « Il est bien l’immeuble de Madame C. » qui était aussi nourrice, elles se rencontraient à la sortie des écoles.

- On connaissait très bien tout le coin et on voulait habiter par ici. Quand nous étions en Inde, je revenais en France quatre mois par an. Mes parents habitaient rue Pelleport et je venais souvent rue Haxo en me promenant avec ma fille. J’avais repéré cet immeuble qui me plaisait. Il n’y avait pas la grille et on pouvait entrer facilement.

On connaissait bien le 20e et on s’y plaisait. Je ne quitterai pas cet arrondissement.

On était à l’étranger et on avait chargé notre mère de faire le tour des agences immobilières. Nous avions un critère bien spécifique : il nous fallait trois chambres avec nos deux enfants de sexes différents. Pendant un an elle a cherché sans trouver. Un jour elle nous appelle en disant : « Je crois que j’ai trouvé ce qu’il vous faut, venez tout de suite. »

- La crise du logement, on croyait que cela avait disparu. Mais depuis les années 80, elle est revenue. Il fallait gagner trois fois et demi plus que le montant du loyer pour avoir quelque chose… et apporter des tas de cautions ! Si bien qu’on ne pouvait trouver que des chambres de bonnes miteuses. Nous sommes restés plus de 10 ans sur liste d’attente pour un logement HLM et finalement on a été bien contents de pouvoir acheter un quatre pièces ici !

 

Dans les années 1990


- Nous quittions deux tous petits logements et nous voulions un appartement en location avec de l’espace. J’ai visité des tas de trucs affreux, même grands, mais affreux et je suis arrivée ici. J’ai visité cet appartement, une quinzaine de personnes visitait en même temps que moi.

- Nous, cela faisait un an qu’on cherchait un appartement ou une maison. J’ai visité des kilos d’appartements en banlieue, je suis un Parigot pur jus, sortir de Paris c’était difficile.


 

Dans les années 2000

- Cela faisait 10 ans que je connaissais mon ami. Il a été d’accord pour que nous habitions ensemble à condition que ce soit dans quelque chose qui nous plaise et qui soit grand et que je m’en occupe intégralement.

- On cherchait un appartement proche d’un parc ou d’un jardin, un peu plus grand que le deux pièces que nous occupions près des Buttes Chaumont. On a visité une vingtaine d’appartements dans le 19e et le 20e [arrondissement].L’appartement que nous avons acheté a quatre pièces, il est plus grand que ce que l’on cherchait au début et on a dû mettre un peu plus qu’on voulait.

 

 

Ici les ventes passaient rarement par agence

 

- Avec mes emplois toujours en CDD, j’avais assez d’argent pour acheter mais pas pour louer. Pendant six mois j’ai cherché, j’ai visité des taudis avec des murs qui tombaient en ruine et des planchers plus hauts d’un côté que de l’autre. Un jour j’ai vu en agence un appartement dans cet immeuble. Ils n’avaient pas de nouvelles du propriétaire. En août je suis revenue, j’ai rencontré Monsieur B. président du conseil syndical de l’époque. On a tout de suite accroché et il nous a emmenés visiter tout l’immeuble, il nous a conduit au secrétariat et a sorti tous les comptes, les programmations pour les travaux… Il nous a expliqué l’esprit de l’immeuble et comment ça marchait. Il nous a expliqué que l’appartement que j’avais visité était déjà vendu à une dame de l’immeuble et qu’ici les ventes passaient rarement par agence, se faisant surtout en interne par le bouche à oreille. J’étais bien déçue. Mais il nous a indiqué un autre appartement à vendre dans l’immeuble.

On avait un a priori favorable sur cette barre de béton

qui peut être tout à fait invivable ou tout à fait agréable

 

 

- On a commencé à chercher il y a un an. Après avoir vu l’annonce, j’ai appelé le propriétaire : il m’a dit : « Vous savez c’est une barre béton, une énorme barre béton laide, c’est pas un vrai quatre pièces, il n’y a pas de parking, c’est pas une salle de bain mais une salle de douche… » Au fond de moi je me disais qu’il ne voulait pas me vendre cet appartement.

 

- Le propriétaire nous avait donné rendez-vous rue Haxo. On y allait un peu à reculons et on s’est retrouvé là. A la vue du cours de tennis, cela a fait tilt. C’est là qu’on avait commencé la visite aux journées du Patrimoine deux mois avant ! On avait un a priori favorable sur cette barre de béton qui peut être tout à fait invivable ou tout à fait agréable ! On a visité ce quatre pièces, et en sortant on s’est assis dans la voiture et on s’est dit : « C’est celui-là ! »

- L’appartement ne correspondait pas à nos critères, on cherchait trois chambres, on souhaitait si possible un parking, si possible une baignoire, mais c’est le seul appartement où on s’est dit : « On se voit dedans. »

- Quand je me suis décidée à devenir propriétaire, ma voisine de palier de l’époque et moi avons eu la chance de trouver un appartement presque en même temps, ici.

 


La semaine prochaine, ne manquez pas :

 

Le père Etienne Thouvenin-de-Villaret

18 septembre 2009

Les photos du cinquantenaire sont là !

Toutes les photos du 50naire, classées par thème,

Fournir un DVD+R ou une participation aux frais de 2 €

S'adresser à la commission culture/bibliothèque

(Anne-Lise et Muriel au 47 bis, Anne au 49 et Andrée au 49 bis)
 

02 septembre 2009

L'Histoire de la Villa des Hauts de Belleville, feuilleton

florilège.jpgchaque semaine, dans la grande tradition des journaux du XIXème siècle, un épisode de la passionnante histoire de notre immeuble.

Le suspens ne sera pas toujours au rendez-vous, mais qui sait, peut-être serez vous "accroché" et voudrez en savoir plus !

 

sixième épisode : Le travail et la vie sociale

 

Dans les années 1980

Le chômage des jeunes et des autres, ça n’est pas neuf

 

- Je travaillais dans la construction de bâtiments industriels, mais j’avais mon bureau à la maison. Je m’occupais de prendre les commandes et de suivre les chantiers. En général je n’allais pas très loin dans l’Ile de France et je m’arrangeais pour rentrer à midi, ça circulait bien.

- On a toujours mangé ensemble le midi, moi je travaillais à l’école Gambetta, je faisais mes courses au Prisunic ou ailleurs, une vie de province !

- Mon fils n’a jamais mangé à la cantine. Des amis de province se demandaient comment on pouvait vivre à Paris et quand ils venaient ils trouvaient qu’on dormait bien au calme chez nous, mieux que chez eux.

- Mon mari travaillait au ministère des Affaires Etrangères dans le 7e [arrondissement], et moi au ministère des finances. On ne déjeunait jamais ensemble le midi. Les enfants étaient à la cantine, mais on prenait les repas du soir en famille.

- J’ai pris ma retraite en 1980. C’était les premiers chômages techniques, cela a été très avantageux.

 

- L’entreprise où je travaillais depuis 15 ans a été réorganisée par un nouveau groupe et j’ai été licencié. J’avais 55 ans. A ce moment là on continuait à toucher la paye entière jusqu’à ce qu’on retrouve du travail. On avait intérêt à partir.

- C’est l’époque où je suis arrivé sur le marché du travail. Il fallait s’accrocher et les salaires étaient minables, les employeurs faisaient des contrats pour quelques mois, à la fin ils les déchiraient pour en faire de plus longs en partant de la date de la première embauche et ainsi de suite, ou alors, ils changeaient les intitulés.

Il y avait une chanson qui disait « La crise économique c’est fantastique, la décadence, c’est la folle ambiance ». Le chômage des jeunes et des autres, ça n’est pas neuf !

 

Dans les années 1990- 2000

- J’avais des revenus irréguliers. Je travaillais en vacations, j’étais payée en droits d’auteur, notes d’honoraires ou cachets, cela m’empêchait de louer.

 

- Je suis très mal placée pour parler de précarité du travail, étant fonctionnaire depuis fin 86. Cependant, mon salaire régulier, très insuffisant, ne m’a jamais permis de décrocher une location à Paris, d’où les colocations.

- Aujourd’hui, après 18 années de contrats précaires dans quatre ou cinq sociétés mais dans mon domaine de compétence, j’ai enfin un contrat à durée déterminée depuis deux ans. Mais cela est tellement différent de ce que j’aime faire… et puis je dois aller travailler en banlieue très loin, je passe plus de trois heures par jours dans les transports en commun. Quand je rentre, je suis épuisée. Et mon traitement ne correspond pas à ce qui aurait dû répondre à mon niveau d’étude et à mon expérience professionnelle.

 

la semaine prochaine, ne manquez pas :

 

La recherche d'un nouveau logement

 

29 août 2009

L'Histoire de la Villa des Hauts de Belleville, feuilleton

florilègejpg.jpgchaque semaine, dans la grande tradition des journaux du XIXème, un épisode de la passionnante histoire de notre immeuble.

Le suspens ne sera pas toujours au rendez-vous, mais qui sait, peut-être serez vous "accroché" et voudrez en savoir plus !

 

Cinquième épisode :



Le travail et la vie sociale

Dans les années 1950-1960

 

Ma mère travaillait toute la journée et le soir on s’y mettait tous, sauf ma sœur qui était préposée à la vaisselle

 

- Ma grand-mère était concierge aux Otages. Elle tenait la loge et assurait l’entretien. Elle vendait cartes, brochures, chapelets, bulletins des Otages, plaquettes du Sacré-Cœur et deux livres : « Les drames de la Commune « et « Acte de captivité ». Les gens s’inscrivaient là pour des messes, réservaient pour un mariage ou un baptême. Cela lui faisait beaucoup de travail.

- Rue des Tourelles à droite il y avait un grand atelier qui faisait des jouets un peu de luxe : des voitures de pompiers et des camions. Pour arrondir les fins de mois ma mère travaillait à la maison pour ce fabriquant. On peignait les petits bonhommes en plâtre. Elle allait en chercher 200, 500 ou 1 000. Il y en avait partout à la maison. Dans la voiture de pompiers il y avait le chauffeur, à côté son servant et deux autres sur la banquette arrière.

Ma mère travaillait toute la journée et le soir on s’y mettait tous, sauf ma sœur J. qui était préposée à la vaisselle. Mon père avait fait des grandes planches à clous sur lesquelles on posait les personnages creux debout. Le premier boulot était de faire le visage. Nous les mômes on savait faire. On avait un pinceau et on badigeonnait de rosé. Après il y avait la jugulaire du casque en noir et le ceinturon en marron et mes parents ajustaient la vareuse et le pantalon. Pour les bottes on y allait d’un grand coup de pinceau et ma mère faisait les raccords. Pour le casque on prenait cette peinture argentée. Le casque c’était la finalité. A la fin il fallait faire les lèvres et les yeux que ma mère faisait elle-même sinon ils louchaient ! On en a fait des milliers.

 

- A cette époque tout le monde avait du travail, on en trouvait facilement.

Attendez-moi, je donne ma démission et je viens avec vous

- Avec une bande de copains on allait souvent à la piscine des Tourelles. Un samedi, à cette époque la plupart des gens travaillaient ce jour-là, sur le chemin, on rencontre un pote qui nous dit : « Attendez moi, je donne ma démission et je viens avec vous. » Il savait qu’il trouverait un autre travail dès le lundi.

- Je changeais souvent de travail, je choisissais le quartier. On se faisait embaucher pour deux ou six mois ou plus. Quand on ne se plaisait pas on partait. J’ai été permanente salariée à la maison des jeunes dès son ouverture dans les années 60,

- Je travaillais rue Haxo après la pharmacie chez De Pascali, fabriquant de malles et valises, après j’ai travaillé chez Bull et grâce au 1 % patronal j’ai eu droit à un appartement ici.

- A partir de 16 ans je me suis occupé des jeunes du patronage. J’étais responsable surtout du basket et je jouais au ping-pong. Toute ma vie, j’ai donné cent pour cent de mon temps au sport. Je commençais le matin à 6 heures et tous les soirs je venais ici m’occuper des jeunes.

 

C’était le principe il fallait habiter le quartier

 

-

 

A 15 ans mon père m’a dit : « Tu seras mécanicien. » et j’ai travaillé dans un garage rue Carolus-Duran jusqu’à 20 ans, mais cela ne m’a jamais plu. Par le basket, j’ai été jouer à Melun quand un monsieur m’a proposé de venir dans son atelier d’imprimerie rue de Romainville pour apprendre le métier comme régleur. Cela a très bien marché et j’y suis resté 20 ans. J’avais 40 ans quand l’entreprise est partie à Orléans, on m’a demandé de suivre, ce que j’ai refusé. Je n’avais donc plus de travail. Dans l’immeuble une famille italienne habitait au premier étage. Ils étaient ingénieurs conseils et sportifs ils s’occupaient des camps de jeunes avec moi. Ils ont proposé de m’embaucher. Je n’avais jamais rien fait dans leur métier et je ne savais pas ce que c’était. Ils m’ont employé pendant six ans, ils avaient très peu de travail.

Après j’ai eu une proposition de venir m’occuper d’une équipe de basket de haut niveau dans une entreprise de la ville de Paris où il y avait une équipe professionnelle. J’ai accepté et je suis parti travailler à Argenteuil où j’ai occupé un poste de responsable de la facturation tout en étant responsable de l’équipe de basket. J’étais augmenté tous les mois en suivant le coût de la vie. On avait mois double en août et en décembre plus une prime d’intéressement. C’était une belle époque.

- Adolescente, j’ai fait des petits jobs d’été, chez Déchaux, au restaurant Jacques Borel et chez Tati. Chez Tati ce n’était pas drôle, on nous obligeait à racoler les clients sur le trottoir, le soir on nous fouillait pour voir si on n’avait pas piqué des fringues. Mon père est venu me voir une fois, il voulait que j’arrête. Mon père travaillait rue de Belleville dans une usine de décolletage. Ma tante a travaillé à l’imprimerie Déchaux puis au dispensaire rue Haxo. En face des Otages il y avait un café bougnat où mon grand-père a travaillé.

- J’étais jardinière d’enfants, et mon mari était fonctionnaire au ministère de l’Air.

- J’étais institutrice rue de Romainville.

- J’étais d’une famille ouvrière.

- Ma femme était petite main chez Brummell.

- Ma mère cousait. Elle faisait même les manteaux.

- J’avais trouvé une place d’aide cuisinière dans l’école Saint-Joseph au Pré-Saint-Gervais, où étaient mes filles. On partait ensemble le matin et on rentrait ensemble le soir. Nous étions nourries toutes les trois à midi. J’étais contente même si mon salaire était inférieur à ce que j’aurais touché en usine. En arrivant à Paris, j’étais tellement inquiète pour mes filles dans cette grande ville.

- J’étais vendeuse dans le prêt à porter rue de Rivoli. Mon mari était dans l’imprimerie et faisait les trois huit, les filles n’ont jamais été à la garderie ni à la cantine. Mon beau-père était coiffeur rue de Belleville.

- Mon grand frère était vicaire à Notre-Dame-de-La-Croix, pour s’occuper des garçons. Moi, je suis femme de cheminot.

- Dans l’immeuble beaucoup travaillaient à l’imprimerie juste à côté, d’autres rue Saint-Fargeau, dans une autre entreprise ; ils n’avaient pas besoin de voiture. C’était le principe il fallait habiter le quartier.

- Mon mari travaillait pour des associations qui n’avaient guère d’argent et guère de locaux. Il avait été scout routier, avait quasi fondé la route scoute de France et pendant la guerre les groupe des Amitiés scoutes. Moi j’avais appartenu aux Guides de France.

- Ma belle-mère était secrétaire chez Chebillon un fabricant de médailles rue de Belleville.

- J’ai dû arrêter mes études à 17 ans, mon père étant au chômage et en 1961 et j’ai commencé à travailler à l’UCCMA caisse centrale agricole où j’étais dans un service de mécanographie.

Après mon mariage en 63, j’ai arrêté de travailler jusqu’en 75 où j’ai commencé comme salariée à la Maison des Jeunes. A l’UCCMA c’était un travail à base de chiffres. J’ai appris la comptabilité en la faisant. Je n’ai même pas un CAP de comptabilité et pourtant maintenant je donne des cours, je n’ai jamais fait de formation.

J’ai démarré à mi-temps, puis à trois quarts temps. Je n’ai jamais voulu faire un plein temps et j’ai toujours aimé travailler à plusieurs endroits. J’intervenais déjà dans les formations de Jeunesse et Sports et en 1985 j’ai rencontré le jeune directeur de la M.J.C. de Pavillons-sous-Bois, je travaille là aussi depuis. Ils sont tellement formidables que je n’ai pas envie de les quitter. A la maison des jeunes des Hauts-de-Belleville c’était déjà plus structuré, j’y travaillais trois jours.

- E. était comédien. Il était obligé d’avoir une voiture pour rentrer le soir après le théâtre. Au début, c’était la seule voiture de l’immeuble. Après, au-dessus de chez moi ils ont eu une voiture aussi, puis P. qui s’occupait de la chorale.

- Nous avons eu notre première voiture en 1960, j’avais 39 ans, une 203 Peugeot. C’était Byzance !

- Ma première voiture, c’était le général Thouvenin (le père d’Etienne) qui m’avait prêté l’argent pour l’acheter.

18 août 2009

L'Histoire de la Villa des Hauts de Belleville, feuilleton

florilège.jpgchaque semaine, dans la grande tradition des journaux du XIXème, un épisode de la passionnante histoire de notre immeuble.

Le suspens ne sera pas toujours au rendez-vous, mais qui sait, peut-être serez vous "accroché" et voudrez en savoir plus !

 

Quatrième épisode :

 

L'ancien logement, suite, des années 60 à nos jours


 

Quand il pleuvait dehors, il pleuvait aussi dedans

 

 

 

Dans les années 1960 -1970

- Nous étions déjà dans le quartier, rue Saint-Fargeau dans l’immeuble du Franprix. J’avais acheté un deux pièces en 1968. On était bien mais après la naissance de notre fils on s’est trouvés à l’étroit.

- J’ai grandi dans le 20e, vers la rue d’Avron et la porte de Montreuil et pour moi c’était assez difficile de changer de quartier qui me plaisait.


Dans les années 1980

- Mes parents avaient un appartement rue Pelleport. Quand on s’est mariés nous avons eu un studio dans la même rue. Les enfants allaient à l’église Notre-Dame-de-Lourdes.

 

Dans les années 1990

- Quand j’ai cherché mon premier logement, en 1987, j’ai visité des tonnes d’appartements. Je n’arrivais pas à louer puisque je n’avais pas encore de contrat de travail à durée indéterminée. Finalement par le biais d’amis de fac, on s’est retrouvé à plusieurs dans le même immeuble de 1913 dans le 14e arrondissement. C’était très sympa parce qu’on était beaucoup de copains, on faisait régulièrement des fêtes, y compris à l’arrivée de nouveaux. Mais limmeuble était pitoyable, j’étais au dernier étage sous les toits, j’avais un couloir de 10 m qu’on traversait en crabe avec au bout une pièce de 9 m². Dans la salle d’eau le W.C. était collé au mur, on ne pouvait s’y asseoir que sur une fesse, et au bout il y avait une toute petite cabine de douche ; vu la largeur, il fallait sortir de la douche pour se laver les pieds. Il n’y avait pas de chauffage, j’avais mis un radiateur à bain d’huile, mais les fils électriques étaient d’époque en coton… et je n’arrivais pas à chauffer plus de 10 degrés qu’à l’extérieur. Quand il pleuvait dehors, il pleuvait aussi dedans ! J’ai vécu là 12 ans. A la fin je n’avais plus d’eau chaude ni de chauffage vu l’état de l’installation électrique. Les W.C. fuyaient et je ne pouvais plus m’en servir. Je suis restée les trois derniers mois avec juste de l’eau froide sur l’évier. Aujourd’hui, deux de mes amis habitent encore cet immeuble.

- Jeune fonctionnaire à La Poste, mon salaire ne me permettait pas de louer seule un appartement. J’ai donc d’abord été animatrice de foyer d’hébergement, en échange d’une chambre gratuite, j’assurais l’accueil des jeunes lauréats des concours des P.T.T. débarquant à Paris. Puis j’ai pratiqué la colocation, très en vogue dans les années 90, le plus souvent avec des collègues, grâce à nos horaires décalés de travailleurs du courrier, on arrivait à se croiser dans l’appartement sans trop se gêner. J’ai ensuite vécu six ans en H.L.M., dans le 18e arrondissement. L’appartement était vaste, confortable et peu cher, mais l’environnement très anxiogène pour une femme seule : des trafiquants de drogue sévissaient dans la cour et jusque dans les halls de la résidence, ils faisaient tout pour nous effrayer et nous empêcher d’aller et venir le soir.

Dans les années 2000

- Nous avions loué dans le 19e pas très loin des Buttes-Chaumont, la proximité du parc était bien pour notre petit garçon, mais on a voulu acheter un appartement un peu plus grand. On a eu du mal à quitter l’ancien avec son balcon, mais rue de la Villette, il y avait un livreur de pizzas juste à côté et on entendait les motocyclettes et les camions la nuit.

- Nous avions toujours habité dans le 20e, avant d’habiter ensemble et avant de venir ici, nous étions square de la Salamandre dans un deux pièces. Nous sommes venus aux journées du Patrimoine. Et ayant un enfant nous voulions plus grand.

 

 

LA SEMAINE PROCHAINE, NE MANQUEZ PAS :

 

Le travail et la vie sociale

Dans les années 1950-1960

10 août 2009

L'Histoire de la villa des Hauts de Belleville, feuilleton

florilège.jpgchaque semaine, dans la grande tradition des journaux du XIXème, un épisode de la passionnante histoire de notre immeuble.

Le suspens ne sera pas toujours au rendez-vous, mais qui sait, peut-être serez vous "accroché" et voudrez en savoir plus !

 

Troisième épisode :

 

L‘ancien logement

Dans les années 1958-1960

On avait un cabinet, une sorte de cabinet à la turc pour sept logements



 

- Mon père était militaire de carrière et j’habitais porte des Lilas. Il avait un appartement de fonction dans les immeubles en briques rouges rue Charles-Cros. Nous étions logés normalement, mais nous étions cinq enfants, j’étais l’aîné. Nous n’avions que deux chambres. J’allais me doucher à la piscine des Tourelles. Mais c’était une époque magnifique, même sans douche et même avec deux chambres pour sept. C’était une jeunesse rêvée.

- J’ai toujours habité le quartier. Mon père étant pompier nous habitions à la caserne Saint-Fargeau.

- Nous habitions dans le 11e [arrondissement], une toute petite pièce sans eau ni gaz au premier étage. Nous avions un seau hygiénique qu’il fallait descendre dans la cour.

- Ma mère ne voulait pas venir ici, on habitait du côté du Faubourg du Temple, pour elle c’était difficile de quitter son quartier. « Je ne pourrai plus voir mon faubourg » disait-elle !

- Maman était concierge avenue Gambetta, je suis arrivée ici avec elle, j’avais 17 ans et demi. On avait deux petites pièces pour quatre personnes.

- J’étais veuve et j’avais cinq enfants. Avant nous vivions dans un deux pièces qui était confortable mais pas avec cinq enfants ! Les deux plus petits de quatre et deux ans étaient dans leurs lits d’enfant. Les trois autres de six, huit et dix ans dormaient dans le grand lit de ma chambre (deux à la tête et un au pied), et moi je dormais dans le canapé du séjour.

- Nous avions un studio trouvé par l’intermédiaire d’amis. Nous souhaitions un enfant, mais nous hésitions vu la dimension de notre logement.

- Nous avions villa Gagliardini un tout petit studio. Quand on dépliait la banquette pour les filles cela bloquait les portes de l’armoire. Alors le soir il fallait bien penser à ce dont on aurait besoin le lendemain matin !

- Mes parents habitaient dans les H.B.M. au 28 rue du Télégraphe, heureusement ils ont pu nous loger. Il y avait trois pièces une grande cuisine, les toilettes mais pas de salle d’eau. Elles ont été installées plus tard dans cet immeuble en même temps que les ascenseurs.

- J’habitais en banlieue chez mes parents dans un pavillon.

- Après la guerre, entre 1944 et 1948, nous avons été sans domicile fixe et il avait fallu disperser une partie des cinq enfants. On nous avait prêté un appartement bourgeois d’autrefois avec de grandes pièces, mais ni salle de bain, ni cabinet de toilette. Nous avions été logés grâce à l’appui d’amis et ne pouvions rester dans le lieu où nous étions.

- Les parents de mon mari habitaient avant rue de la Chine dans un logement tout petit et en très mauvais état.

Nous demeurions au coin de la rue des Tourelles entre la boulangerie et le café. Ils avaient rafistolé une cuisine avec l’eau chaude et froide, mais les tuyaux étaient dehors et quand il faisait froid on n’avait le droit ni de jeter de l’eau, ni d’en prendre. On avait un cabinet, une sorte de cabinet à la turque pour sept logements. La boulangerie touchait notre maison, il y a eu les rats et les souris dans le plafond. Pour laver le linge et pour faire toute chose c’était très pénible.

- Avec mes parents j’habitais au 3 rue des Tourelles l’immeuble qui est au-dessus de l’ancien café. Sur l’immeuble il y avait inscrit « Gaz et eau à tous les étages » ce qui voulait dire eau à tous les demi-étages. Il y avait un water pour sept personnes au demi-étage. Mes parents habitaient au 4e et mon grand-père au 2e. On avait mis un lit cage dans sa salle à manger et je couchais chez lui.

- Mes parents habitaient rue du Borrego, c’était la cour des miracles. Il y avait juste une petite pièce avec un évier et une chambre avec le seau hygiénique derrière la porte. Bien sûr il n’y avait ni salle de bains, ni toilettes. Je ne me souviens pas y avoir pris un bain même dans une bassine. Il fallait que je me cache sous le drap quand mon papa allait aux toilettes. Par contre on a eu un poste de télévision assez tôt, les gens venaient regarder à la fenêtre.

- J’ai été élevée par ma grand-mère qui était concierge aux Otages. Elle tenait la loge et assurait l’entretien. Elle s’occupait de moi et faisait à manger le midi pour mon papa et mon tonton qui venaient régulièrement, ma mère jamais. Le soir il y avait mon grand-père qui était gentil ; quand il rentrait il s’asseyait, ma grand-mère devait lui enlever ses chaussures et lui porter une bassine pour mettre ses pieds dans l’eau.

C’était comme cela à l’époque. Elle avait un immense appartement à la place de l’actuel immeuble Haxo 2. Il était meublé avec les meubles que le Père Diffiné lui avait donnés. Mais il n’y avait pas de salle de bains. Pour se laver on mettait de l’eau chaude dans une grande bassine. Plus grande j’allais aux douches de la piscine.

 

NE MANQUEZ PAS, LA SEMAINE PROCHAINE :

 

L'ancien logement, suite, des années 60 à nos jours.

 

03 août 2009

l'Histoire de la Villa des Hauts de Belleville, feuilleton






florilège.jpg chaque semaine, dans la grande tradition des journaux du XIXème, un épisode de la passionnante histoire de notre immeuble.

Le suspens ne sera pas toujours au rendez-vous, mais qui sait, peut-être serez vous "accroché" et voudrez en savoir plus !

 

Deuxième épisode :

 

 

Le quartier dans les années 1950 et 1960

Le terrain où est notre immeuble c’était de l’herbe

 

 

 

 

- Face à l’immeuble il y avait une petite blanchisserie ancienne avec les fers à repasser en fonte posés sur un poêle spécial, même au mois d’août. Elle était située entre le passage Gambetta et la villa Amélie. Au-dessus de la boutique il y avait un petit immeuble de deux étages où habitait la première nourrice de mon fils, elle nous avait dit : « Ne faites pas attention à l’escalier. » Chez elle c’était tout petit mais nickel, ça brillait de partout. Après ils sont partis en banlieue et l’immeuble a été démoli. Ils ont été bien indemnisés, puisqu’ils avaient refait l’appartement.

Son mari travaillait à l’imprimerie juste à côté, il n’avait que le passage Gambetta à traverser. Il reste de cette imprimerie un seul bâtiment hangar où il y a la salle de gym. Vue la proximité.

- Je me souviens de la boutique de Madame M. juste à côté de la poste, aujourd’hui c’est un petit atelier de travail du cuir. Elle vendait du sous-linge, des bas. Elle faisait des corsets sur mesure. Elle était toujours sur le pas de sa porte, pimpante. Elle a gardé sa boutique jusque vers 75 ans.

- Elle a vécu dans notre immeuble jusqu’à 99 ans et s’est éteinte l’année dernière.

- Dans cette rue du Borrego il y a eu beaucoup de maisons démolies.

- Il y avait une petite librairie rue des Tourelles : elle était là où est le restaurant couscous. Quand on sortait du patro on allait tous acheter nos Carambars. On allait chercher nos cahiers, les gens y achetaient les journaux.

- On allait au cinéma Les Tourelles. C’était en haut de l’avenue Gambetta, là ou il y a maintenant le Franprix.

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Le terrain où est notre immeuble c’était de l’herbe, il était réservé au tir à l’arc. On voit la briqueterie sur les photos des années 30, puis ensuite elle a disparu. Le terrain en haut du parking était un terrain de boules, il y avait là le pavillon de l’horloge. Tout autour, il n’y avait que des ateliers. Entre la poste et la rue Saint-Fargeau et dans cette rue jusqu’aux pompiers, il n’y avait que des usines. On les a vues se démolir. Une fois une grue s’est cassée et il y a eu un accident grave, heureusement c’était un samedi il n’y avait personne. Plus bas que l’imprimerie, il y avait une cartonnerie. Il n’y avait que des petits immeubles d’un étage, c’était un autre monde.

- Le dimanche il y avait le rémouleur qui passait et le vitrier et l’orgue de barbarie. Pour jeter une pièce il fallait l’envelopper dans du papier, un gosse les ramassait. Du jour où on a mis une grille cela s’est arrêté, mais ils ne passent plus non plus dans les rues.

- Une fois le Père Thouvenin m’avait emmené sur la Zone, là où est le périphérique, c’était des bidonvilles, des cabanes en tôle, il y avait des Romanichels qui avaient leurs chèvres. Le Père avait des amis là-bas, quelqu’un d’autre que lui n’aurait pas pu entrer sans montrer patte blanche. Quand on arrivait on était accueillis avec une chaleur humaine formidable, on buvait un coup, un café, un coup de rouge, on l’invitait à manger.

- Pour nous, les gars qui habitaient les grands ensembles de la porte des Lilas (c’était des militaires), c’était les riches.

 

NE MANQUEZ PAS, la semaine prochaine :

 

L‘ancien logement

Dans les années 1958-1960


30 juillet 2009

l'Histoire de la Villa des Hauts de Belleville, feuilleton

 


florilège.jpgIci chaque semaine, dans la grande tradition des journaux du XIXème, un épisode de la passionnante histoire de notre immeuble.

Le suspens ne sera pas toujours au rendez-vous, mais qui sait, peut-être serez vous "accroché" et voudrez en savoir plus !

1er épisode :

"Il faudrait tout de même penser à loger les gens potablement"

ou :

Vers un nouveau logement

ou encore :

Le projet de construction

- Mon mari disait aux Jésuites : « Vous allez faire une église pour le Seigneur1 et nous on vit dans des taudis, il faudrait tout de même bien penser à loger les gens potablement.» Les gens mal logés sont venus chez nous, et mon mari a monté avec eux un comité.

Le Père Thouvenin était à l’origine de tout ce projet. Il voyait ce terrain vide et trouvait malheureux qu’il reste vide alors que tant de gens n’avaient pas de logement. Comme il était dégourdi il a pu mettre cet immeuble en route.

Je disais : « J’aimerais avoir un logement d’où je verrais tout Paris, parce que j’aime beaucoup les feux d’artifice. » Mon mari disait aussi « Je voudrais un immeuble dans lequel nous pourrions participer et que tous les ouvriers puissent venir, même les communistes ; je voudrais qu’il y ait un esprit dans cet immeuble. »

- Le projet était de rassembler des gens de milieux différents, de conceptions politiques et religieuses différentes pour favoriser une compréhension mutuelle. A tous il était demandé d’adhérer à l’esprit dans lequel l’immeuble était construit.

- Au cours des réunions on parlait d’un esprit d’habitat communautaire, de fournir un logement convenable aux personnes mal logées du quartier. Il ne s’agissait pas de faire une opération immobilière, on n’y pensait même pas.

L’immeuble est d’inspiration Le Corbusier. Le Père c’était son choix, il était religieux et s’est inspiré d’une idée moderne. C’est curieux, Le Corbusier était un homme de gauche et le Père n’avait pas les mêmes options politiques mais il avait les mêmes aspirations sociales.

- La Cité Radieuse à Marseille, « la maison du Fada » j’y suis allée vers 1955. C’était de la location, des H.L.M. coopératifs. C’était extraordinaire avec l’école maternelle en haut, et les boutiques.

- M. Béraud, l’architecte connaissait l’expérience de Marseille et en avait compris le sens, même s’il avait un peu de résistance parce qu’il ne comprenait pas toujours l’esprit ouvrier et ce que mon mari sentait. Après ils sont arrivés à s’entendre et ils ont fait amitié.

- C’était un concept complet, l’immeuble, la maison des jeunes, le foyer de jeunes travailleurs, le jardin d’enfants. C’est-à-dire de pouvoir mêler les populations, les âges, les activités…

- Ici l’espace est très bien utilisé, il n’y a rien de perdu. Au début c’était un village complet avec l’habitat, en bas une école Montessori pour les petits et la maison des jeunes et de la culture pour les distractions, pour que la jeunesse ait sa place.

1 Sainte-Marie-Médiadrice, boulevard Serrurier, à Paris, dans le 19e arrondissement, à deux pas de la porte des Lilas.


La semaine prochaine NE MANQUEZ PAS :

 

le quartier dans les années 50-60

22 juillet 2009

d'où nous venons

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Marcel Barbu, les communautés de travail, Boimondau, est-ce que ces mots vous évoquent quelque chose ?

si non, il est temps de faire connaissance avec ce qui a fondé l'endroit où vous vivez. Découvrez cette expérience dont les statuts ont servi de référence pour ceux de notre habitat communautaire !

Si oui, vous serez certainement aussi intéressé par le lien ci-dessous :


http://www.rhone-alpesolidaires.org/boimondau

22 juin 2009

Les Castors de retour à la Villa des Hauts de Belleville ?

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LES CASTORS à la VHdB :

Dès l’emménagement des premiers habitants, pour leur permettre de mieux s’apprécier, de partager ensemble leurs efforts dans une même fin et un même intérêt et aussi pour réaliser de substantielles économies, c’est à l’un des aspects du travail communautaire qu’il est fait appel : le système castor.

Ce système est alors mis en œuvre pour les travaux qui ne nécessitent pas de trop grandes compétences professionnelles, tels que tous les aménagements extérieurs. Dans cet esprit castor, la commission travaux et aménagements, créée en juillet 1958 et composée de gens du métier et de bonnes volontés, répartit les heures de labeur entre les habitants, en fonction de la taille de leur logement.

Aujourd’hui, les castors n’ont plus d’obligation mais il est fait régulièrement appel à leur bonne volonté pour de menus travaux d’entretien, de nettoyage des parties communes et de jardinage.

Or il se trouve qu’en échange de notre passage par la villa des Otages, nous sommes engagés, par un contrat, à nettoyer environ une fois par mois. Depuis 2002, nous avions quelque peu négligé notre engagement et nous vous proposons, en attendant une solution plus professionnelle, de l’honorer en "castor". Cette action, peu coûteuse en temps comme en énergie, participera à entretenir notre esprit communautaire ainsi que des échanges respectueux et courtois avec nos aimables voisins de la Villa des Otages. Toutes les bonnes volontés qui souhaitent participer au nettoyage des détritus abandonnés par leur propriétaires négligents villa des Otages peuvent se faire connaître auprès d’Anne-Lise Millan-Brun et d’Anne Bourgne.

 

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UN PEU D’HISTOIRE : LE SYSTEME NOVATEUR DES « CASTOR » :

 

Après-Guerre, nombre de femmes et d’hommes, en majorité issus du Mouvement populaire des familles, décident de passer à l’action pour le logement coûte que coûte des sans logis. Durant l’Occupation, ils ont créé de nombreux services, tout en participant à l’action clandestine : l’envoi de colis aux prisonniers, l’aide aux réfractaires du Service du travail obligatoire, la création de coopératives et de groupements d’achats ont été leurs tâches prioritaires. Fortement implantés dans les milieux populaires, ils connaissent et vivent la pénurie de logements. Très rapidement, leur mouvement d’aide au logement fait tache d’huile à travers toute la France, très souvent même par des occupations illégales. Mais leurs défenseurs sont de poids, comme Monseigneur Chappoulie1 ou le ministre Claudius-Petit2. Cependant, les militants occupant de leur propre autorité, avec leur famille, un logement inoccupé sans autorisation, sont conscients que leur action, pour efficace qu’elle soit, ne permet de résoudre que des cas d’urgence. Aussi participent-ils à une nouvelle forme d’action déjà connue en Suède et montrent-ils que l’on peut faire plus avec rien, à condition d’être farouchement déterminés :

 

 

 

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Ill. 147

Alors, des groupes d’individus moteurs en entraînent d’autres à s’investir. L’action s’insère, le plus souvent, dans le cadre structurel des coopératives H.L.M. Moyennant un faible apport financier initial, le système nécessite un apport très important sous forme de travail. Il rappelle la fébrile activité de constructeurs de ces petits mammifères que sont les castors, d’où la dénomination. Les ainsi dénommés « castors » consacrent, parfois plusieurs années durant, leur fin de semaine, ponts, congés légaux et deux ou trois heures après leur journée de travail à la construction de leur habitat. Ce système de répartition des travaux se fait selon les compétences des occupants. Il est le plus souvent utilisé en vue de lotissements de maisons individuelles, parfois d’immeubles.

Globalement, les castors surmontent les échecs et les difficultés. Ils sont porteurs d’innovation :

- d’abord en s’attachant à étudier les plans masses et en construisant des logements plus grands que la moyenne d’alors, tant en nombre de pièces qu’en surface ;

- en osant également des matériaux nouveaux

- et parfois en faisant appel à des technologies différentes ;

- ensuite, en aménageant et créant des services de proximité tels que laveries collectives où la même machine est à la disposition de plusieurs familles, ateliers de bricolage où l’on peut à la fois faire de la menuiserie, entretenir et réparer vélos et motocyclettes, le même outillage servant à plusieurs ;

- en organisant des services de prêts pour l’électroménager (aspirateur, fer électrique…) ;

- en créant des espaces collectifs de jeux et aussi des salles de réunion pouvant être utilisées pour des cérémonies (baptêmes, communions, mariages…).

 

 

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1 Henri Chappoulie, docteur en droit canon, est directeur, de 1945 à 1950, du secrétariat de l’épiscopat français.

2 Ebéniste puis professeur de dessin, Eugène Petit (1907-1989) acquiert son surnom de Claudius dans la Résistance. Son action au ministère de la Reconstruction et de l'Urbanisme, de 1948 à 1953, se caractérise avant tout par un effort de décentralisation et de déconcentration ; il lance les premiers plans nationaux d'aménagement du territoire et s’intéresse surtout aux questions liées aux droits de l'homme et au logement social.
A partir des années 1960, il est simultanément président de l'Union centrale des arts décoratifs et du Centre national d'études et d'initiatives du logement. Président du comité d'expansion de la Loire (1959-1973), il recourt, dans sa propre ville de Firminy, à des urbanistes et des architectes novateurs, tels Le Corbusier. Mais surtout, il fonde et préside la Société nationale de construction de logements pour les travailleurs immigrés (SONACOTRA), de 1956 à 1977.

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